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L’alcool, facteur tabou des violences conjugales ?

Les féminicides sont dans 55 % des cas au moins commis sous l’emprise de l’alcool. Cette situation est très largement connue des personnels de police et de justice, comme des associations de protection des victimes. L’alcool altère les capacités d’auto-contrôle, il accroît la négativité, l’impulsivité, l’agressivité et diminue également les capacités de défense chez les victimes.

L’alcool est donc un facteur causal majeur des violences envers les femmes : le risque d’agression envers un partenaire intime, est multiplié par trois en cas d’abus ou de dépendance à l’alcool.

Face à ce constat, la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance apporte une faible réponse, tout comme l’article 132-45 du Code pénal, qui prévoit par sursis probatoire, une injonction thérapeutique pour l’auteur des violences.

Pourquoi alors que la conduite en état d’ivresse est largement sanctionnée et que l’alcool constitue ici un élément aggravant de la commission de l’infraction, n’applique t’- on pas la même logique pour les auteurs de violences conjugales et intra-familiales ?

Si certaines expériences de “suivi renforcé des auteurs de violences conjugales” sont mises en place près du Tribunal Judiciaire d’Arras et de Saintes, des médecins addictologues et des proches de malades alcooliques, s’inquiétaient de constater que le rôle de l’alcool, et des psychotropes ne semble pas avoir été pris en compte par le Grenelle des violences conjugales, et proposaient des solutions simples, dans une lettre ouverte dans la presse, en date du 21 octobre 2019.

Pire, certaines juridictions vont considérer que l’alcool est une circonstance atténuante à la commission des violences, arguant d’une perte de discernement de l’auteur, tel que défini par l’article 122-1 du code pénal, visé par la chambre criminelle de la Cour de Cassation en date du 14 avril 2021 ( Cass. Crim., Arrêt n°404 du 14 avril 2021 (20-80.135), qui conduit à l’irresponsabilité pénale de l’auteur de l’assassinat de Sarah HALIMI.

Une fois encore, les femmes et les enfants, victimes de violences sont les grands perdants.

Agissons !

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