La loi intégrale : une chance pour nos institutions
L’assemblée Nationale a débuté l’examen de la proposition de loi « intégrale » en réponse aux violences sexuelles et sexistes à
l’encontre des femmes et des enfants. La mobilisation des acteurs engagés contre ces violences est de mise pour que l’ ambition du texte résiste au parcours parlementaire qui s’ouvre.
La proposition est née du meurtre de Lyhanna. Il crée des juridictions spécialisées pour les violences sexistes et sexuelles. Il allonge les délais de prescription pour tenir compte de l’amnésie traumatique. Il ouvre la voie aux plaintes en série. Il prévoit une peine d’inéligibilité pour les élus condamnés pour VSS.
Les associations estiment nécessaires 2,6 milliards d’euros par an pour la prévention et l’hébergement.
Ce texte comble-t-il le retard de nos institutions sur un problème que la population ne supporte plus?
En effet, le constat qui s’impose est combien la situation des violences sexuelles, physiques et psychologiques contre les femmes et les enfants ne sont plus supportées. Il a fallu mettre en lumière ces situations cachées durant des décennies, de #MeeToo à Betharam, de l’abomination Gisèle Pelicot à J.Epstein, des agents du périscolaires à la commission Sauvé/CIASE, les scandales se révèlent et révulsent la population.
Force est de constater combien les institutions, Justice et Eglise en tête, sont en retard pour répondre au très légitime raz le bol de la population devant ces ignobles répétitions de crimes. L’été qui vient de passer donne la mesure du chemin qu’il reste à parcourir.
Un peu dépassé par l’évolution due la société, pourtant forcer d’annuler sa tournée devant la détermination des maires, des associations et du public, un chanteur a vu son contrôle judiciaire allégé par la Justice tout en étant suspecté d’agressions sexuelles par dizaine.
On ne va pas se taire parce qu’il a mal aux yeux et ne veut pas voir le dégout de la population.
Sur le papier, la proposition de loi promet des avancées historiques pour mettre à jour le fonctionnement des institutions. La proposition comporte un volet contre les élus condamnés pour VSS. Les débats parlementaires diront ce qu’il deviendra de ces dispositions. Nous n’oublions pas qu’au quotidien, les sphères économiques, scolaires, administratives, associatives ou artistiques … mettent aussi en scène des jeux de pouvoir et cachent des dangers pour les femmes et enfants.
Soutenons cette loi, regardons avec précision les prises de positions. C’est en effet une chance pour nos institutions de recréer de la confiance.
